Les jeux vidéo sont-ils dangereux ? Peuvent-ils favoriser les passages à l’acte ?

Ce n’est pas le jeu qui rend malade mais il peut être un catalyseur dans l’entrée d’une maladie mentale.

Les jeux vidéo sont-ils dangereux ? Peuvent-ils favoriser le passage à l’acte ?

Le massacre qui a eu lieu vendredi 22 juillet 2011 en Norvège relance le questionnement, qui n’a jamais cessé d’ailleurs, sur :

Est ce que les jeux vidéo sont /peuvent être dangereux ?

Il a été retrouvé lors de la perquisition chez l’accusé, Anders Behring Breivik, différents types de jeux de guerre. Nous rappelons que l’auteur aurait confectionné une bombe, qui a explosé près des bureaux du premier ministre et tué 7 personnes, avant de rejoindre l’île d’Utoya située au nord d’Oslo où il a ouvert le feu sur un camp de jeunes travaillistes. Plus de 80 d’entre eux auraient trouvé la mort.

L’inquiétude des parents grandit, s’interrogeant sur la nécessité d’interdire ou pas l’accès à ces jeux à leur(s) enfant(s).

Un parent qui se pose voire nous pose cette question laisse entendre la préoccupation qu’il a de la santé psychologique de son enfant. Il marque donc une présence, voir un cadre pour l’enfant. Ce qui est rassurant. La crainte serait que l’enfant ait à gérer seul la relation aux jeux ; que la limite soit absente !

Ces jeux de guerre ont-ils une valeur éducative ?

Ils peuvent être un exutoire des pulsions agressives présentent chez chacun à des intensités et niveaux différents. Ils sont à comprendre comme le prolongement des jeux d’enfants du temps où ils jouaient aux « cowboys et aux indiens ; aux gendarmes et aux voleurs ». Le jeu pouvant figurer un : comment apprendre à se défendre devant l’ennemi ; pouvant se traduire en un : comment apprendre à se défendre dans la vie ?

*Le risque est lorsque la distinction entre le virtuel, l’imaginaire et le réel ne se fait plus ou pas suffisamment. Le joueur n’étant plus dans le « pour de faux » mais dans le « pour de vrai. On ne joue plus, on est !

Pour ceux ou celles qui sont confrontés à ce sujet, les premiers points à évaluer pourraient être :

Quelle relation, le joueur entretient-il avec le jeu ?

Combien de temps investit-il à celui ci ?

Peut-il s’en passer, s’en priver ?

*Quel est son univers social ? A-t-il des amis, des liens en dehors du jeu ? Si tout avait à se réduire au jeu, aux liens virtuels, il est important de consulter quelqu’un, non pas que vous ayez un psychopathe sous votre toit mais que la personne semble en difficulté pour n’investir qu’un monde virtuel . La réalité étant évitée car trop menaçante pour différentes raisons.

Faut-il s’inquiéter de l’attrait pour les jeux mettant en scène des combats ?

– Non, si cela reste un espace de jeu.

– Oui, si c’est un évitement de la réalité, si cela envahit massivement la vie relationnelle du sujet !

A la question d’introduction : Est ce que les jeux vidéo peuvent favoriser le passage à l’acte ?

*Je répondrai que ce n’est pas le jeu qui va rendre « malade » mais il peut être un catalyseur dans l’entrée, l’explosion d’une pathologie mentale. L’usage que l’on va avoir avec, va venir parler voire révéler une problématique personnelle. La relation est un miroir de l’âme, elle peut être un révélateur, de symptômes susjacents.

Ceci étant dit, il n’est pas lieu de déresponsabiliser les auteurs de ses projets qui, je l’espère, s’interroge sur les intérêts, autres que financiers, à faire naître de tels espaces de rencontres humaines sous l’égide de l’affrontement, de la violence !